Elections, fandango - chp 4 : l'aquarium (1)

Publié le par Ah, Frederic est fou

(lire le chapitre 3)

 

La foule des élus locaux, dignement enrubannés, des invités de prestige, le front haut, la mine suffisante, des starlettes départementales, qui rivalisent de décolletés, et parmi lesquelles Miss Mariva était une des plus admirées, se pressait devant la masse des journalistes, où les flashs crépitaient, formant un feu d’artifice ininterrompu d’étoiles argentées, pour la plus grande joie des touristes et des habitants, des curieux venu d’on ne sait on – mais souvent de très loin - et qui avaient vraiment le sentiment d’assister à quelque chose d’historique. Le grand bâtiment de béton avait l’allure massive des fortifications maritimes du siècle passé, que ciselait vers le ciel d’imposantes toiles d’araignées de métal, reposant sur les murs aux formes vallonnées grâce à des poteaux d’aluminium qui donnaient à cet imposant entrelacs de matériaux un air de chapiteau de cirque. Le tapis rouge était bleu. Il tirait une langue démesurée, jusqu’à la bouche béante de la grande entrée, prête à avaler les chanceux qui disposait du précieux sésame ; on se serait cru à l’ouverture du festival de Cannes, mais non, non, nous étions bien à Mariva, que l’événement avait soudain propulsé sous les feux de la rampe.

On attendait l’intervention du vrai héros du jour, l’initiateur de cette belle aventure, qui aujourd’hui se concrétisait, prête à donner à la station balnéaire un nouvel essor, un vrai accélérateur à une croissance touristique déjà remarquable.

C’était son triomphe, digne de ceux des généraux romains victorieux, paradant devant l’empereur sur le forum.

Depuis les haut-parleurs, crépitaient les aigus du ténorino chantant l’hymne local « On a chanté la parisienne… on oublie tout, sous le soleil de Mariva… Mariva, Mari-iiiiiiiiii-va ! ».

Soudain, la masse colorée des enfants de la chorale de l’école municipale de Mariva s’écarte, séparant en deux vagues le beau flot des chérubins déguisés en hippocampes, en étoiles de mer, en merlus, et Jean-Robert Burnichon, en habit officiel, l’écharpe tricolore au poitrail, se présente enfin devant la tribune, deux micros d’argent scintillant au soleil, pointé vers lui, prêts à répercuter vers toute l’assemblée le discours du maire tant attendu.

 

« Mariviennes, Mariviens, amis du littoral, bienvenus touristes de la Côte aux crevettes, chers élus, chers invités, aujourd’hui est un grand jour. Et je suis d’autant plus ému de présider cette cérémonie, que je me souviens nettement de ce jour où l’idée de ce grand projet est née, au sein de notre mairie, grâce à l’énergie et la créativité de vos représentants municipaux. Ce jour, où, proposant ce beau rêve, cette vision d’avenir, nous nous sommes mobilisés pour concrétiser nos ambitions, et donner naissance à ce lieu unique, que je vais avoir l’honneur, avec vous tous, d’inaugurer.

Derrière moi, face à vous, c’est la fierté de notre ville qui se dresse comme un géant, caressant de son ombre bienveillante l’ensemble de notre littoral, et, irradiant son avant-gardisme au delà des limites départementales et régionales, faisant de Mariva une fierté nationale qu’envieront l’ensemble des cités balnéaires européennes et mondial. Et si j’ose la terme de mondial, c’est que le projet qui se concrétise aujourd’hui, de part son ampleur pharaonique, caractérise bien l’ambition de notre cité, ancrée dans son temps, mais regardant résolument vers l’avenir. L’Aquarium de Mariva est, et, j’espère sera pour longtemps, le seul et unique Aquarium Virtuel de la planète, initiateur de rêves aquatiques et scientifiques, inspirateur d’ambition pour les générations futures.

Mais trêve de discours, allons couper ce ruban, cette frontière de tissu aujourd’hui plus symbolique encore entre le réel et le monde des illusions, les merveilles de la féerie électronique ! Vive Mariva ! Vive la France ! Longue vie à l’Aquarium !

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Publié dans Elections - Fandango

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Commenter cet article
H
Tu peux te moquer ! Ecrire un commentaire sur la TV, ce n'est pas si facile !
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H
Mon écran provisoirement ragaillardi, j'en profite ! Ah, je vais de ce pas tacher dans savoir plus sur cet extraordinaire aquarium virtuel...
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A
Une fois n'est pas coutume, permets-moi à mon tour de t'asticoter pour une malencontreuse défaillance orthographique. (je sais, c'est très bas - pour pénitence, je vais de ce pas m'autoflageller) 
H
Frédéric, j'aimerais te lire mais mon écran de foutu pc déconne un max à nouveau, ce qui fait que j'utilise celui de la TV. D'où une image de mauvaise qualité, largement suffisant pour écrire, et pour lire des petits commentaires içi ou là... Mais pas un long texte, coupé en 4 par mon écran de tv...
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B
si tu inventes un hymne marivien, il faut mettre en scène son créateur, l'élégant Luis Marivio...
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