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Ethel et les pilules magiques

Jeudi 8 décembre 2005

Ethel habitait quelque part entre un grand ciel azuréen et une longue langue de prairie verte qui s’étirait au milieu de foisonnantes ondulations de forêt d’un beau vert. Ajoutez à ce paysage des ruisseaux espiègles, quelques beaux tapis de fleurs, bien épais, dans lesquels on aurait envie de s’enfoncer comme dans le plus douillet des édredons, un horizon mouvant de collines rondouillettes qui dessinaient un beau clapotis de vaguelettes rieuses, et un moulin malicieux, qui aimait fredonner les mélodies que lui suggérait son ami le vent.

 

En fermant les yeux, Ethel pouvait détailler la moindre des couleurs qui composait ce beau tableau ; elle se sentait familière du moindre arbrisseau, du plus petit rocher ; chaque clochette de muguet était pour elle une amie ; les cheveux soyeux de l’herbe folle les tendres compagnons qui caressaient la course insouciante de ses pieds nus. Et elle fermait les yeux, Ethel, égrainant avec un inlassable émerveillement les enchantements de cette nature idéale, qui pour elle était plus qu’un refuge ; ce monde n’était pas son ailleurs, pour elle, le monde était l’ailleurs ; l’absurde réalité le vilain rêve de nuits agitées où le rêve est la vie et la vie n’est qu’un rêve. Car parfois il faut se résoudre à ouvrir les yeux, ces yeux qui trahissent l’esprit et imposent les images dont on ne veut pas, transportent, en un battement de cil, là où il n’y a pas de ruisseaux, ni de moulin, ni de tapis de fleurs, les pas d’Ethel frappaient le béton, ses pieds étaient prisonniers de chaussures trop neuves et qui lui faisaient un peu mal. Dans le monde des rêves où il fait gris, la logique est absente et un rythme absurde dicte des enchaînements improbables, des mouvements dont l’esprit n’est plus responsable, des paroles que l’on ne pense pas, des agissements mécaniques qui ne sont pas les nôtres. Les pas d’Ethel frappaient le béton sans que son cerveau n’ait rien commandé à ses jambes, ils semblaient suivre leur logique, conduisant Ethel vers une destination programmée, qu’elle semblait subir inconsciente. Elle arrivait à son travail, horizon de verre sur prairie de moquette grise, sans réaliser avoir parcouru ce chemin qu’elle empruntait pourtant tous les matins, comme si elle avait été télé portée d’un endroit à l’autre. Parfois, elle essayait de se souvenir être passée par la rue Merlot, où elle avait certainement vu la boutique de porcelaine, et le petit traiteur qui faisait de si jolis pâtés en brioches. Elle avait bien dû aussi traverser le carrefour de la rue Fraget, qui est si dangereux, et où l’on attend toujours longtemps la bonne couleur du feu, après le rouge vient le vert. Et elle se disait que le soir même, elle s’obligerait à faire attention à tout cela, quand elle devrait faire le même trajet à rebours, mais souvent, le soir venu, elle n’y pensait plus, et se retrouvait chez elle, sans même avoir eu l’impression de décadenasser les deux verrous de sa porte d’entrée. Ces rêves étaient décidément bien curieux. Dans sa vallée où il fait toujours beau, elle contrôlait chaque chose, et chaque chose était faite à son image, la terre était belle et nourricière, elle la protégeait et la réchauffait, elle était la vie et cette vie était une harmonie des sens et des pensées. Là, Ethel était bien.

 

Mais Ethel avait toujours été une princesse malheureuse. Une enfance ballottée de maison en foyer, d’élans d’amours filiaux vite éteints en nouvelles rencontres, de chagrins en déceptions, et les espoirs de la petite fille avaient été balayés par les coups du sort, les allers-retours entre sa famille qui ne l’aimait pas, et des familles qui auraient peut-être pu l’aimer si on ne leur avait pas demandé de ne surtout pas s’attacher. Une enfance en pointillé, vivant dans le provisoire, la continuelle peur du changement, cette crainte du lendemain qui bientôt fait place à un fatalisme qui s’accorde mal avec la jeunesse ; trop entourée peut-être, Ethel devait se construire toute seule, se plonger dans l’abstrait, et l’imaginaire où tout enfant se réfugie n’était pas pour elle un simple jeu mais une nécessité impérieuse. Pourtant, malgré la vie, jamais elle n’avait été une enfant triste, réservée peut-être, mais bien gentille, plaisante et aimable, une enfant facile dont on a plaisir à s’occuper, qui ne fait pas de caprice et ne recherche jamais la querelle, c’est dommage qu’elle doive partir, on l’aurait bien gardé chez nous encore un peu. Il ne lui aurait manqué que d’être jolie, car sans être laide, c’était une enfant banale, aux traits sans défauts mais sans vraies qualités. A la détailler, sans doute aurait-on dit qu’elle avait le front un peu trop haut, les lèvres trop minces, et ses yeux, quoique bleu, étaient d’un éclat assez ordinaire, et sans doute trop petits pour faire rayonner son visage allongé, au teint légèrement maladif. Discrète de caractère comme d’aspect, Ethel était une enfant qui ne se faisait pas remarquer, et que l’on ne remarquait pas.

(la suite, c'est ici)

 

 

 

Par Ah, Frederic est fou
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Vendredi 9 décembre 2005

(le début, c'était ici)

Ethel travaillait dans un grand bureau, au onzième étage d’une grande tour qui dominait une grande esplanade. Elle s’y rendait à pied tous les matins ; il y avait une bonne vingtaine minute de marche, mais cela aurait été plus compliqué d’attendre un bus, les bus sont toujours bondés et il y fait trop chaud. Dans cette promiscuité moite, Ethel avait l’impression d’étouffer. Pire, la sensation d’être collée à cette dame obèse qui transpirait à grosses gouttes, et  à ce gamin, qui malgré la cohue, continuait à fouiller dans son cartable, la remplissait d’une indicible angoisse ; sans vraies raisons, Ethel avait peur.

 

Ethel aimait son travail, répétitif et méticuleux, qui consistait à aligner patiemment de longues listes de chiffres ; ces chiffres venaient de tous les pays du monde, et pour elle, c’était un grand jeu de les assembler dans de beaux tableaux ou le Japon voisinait le Brésil, l’Australie le Cameroun, et la Bulgarie et le Pakistan, et plein d’autres ailleurs mystérieux ou exotiques. Ainsi, elle voyageait, parcourant le monde entier, et l’organisant dans de belles colonnes rectilignes, elle classait le monde, l’inventoriait, le comptabilisait jour à près jour sans jamais se lasser. Dans la tour où tout crépitait aux rythmes de la cacophonie des téléphones, des vas et viens de coursiers, du ballet incessant d’hommes encravatés que crachaient deux rangées d’ascenseurs, le petit bureau d’Ethel était un oasis de quiétude. Elle le partageait avec René, un bonhomme un peu gris, qui ne parlait jamais et qui se cachait derrière un bureau encombré d’immenses piles de dossiers ; il occupait une charge obscure, dont certainement on ne savait rien mais dont personne ne se souciait. De l’autre côté du bureau, face à la porte d’entrée, il y avait Sophie. Si on avait demandé à Ethel de citer une amie, elle n’aurait pas hésité et aurait dit Sophie. Sophie était son amie, avec qui elle partageait le café, le matin, avec qui elle allait déjeuner à la cantine, le midi, bien tôt, pour éviter la cohue, être tranquilles, avec qui, parfois, elle allait faire un peu de shopping en sortant du travail, Sophie lui avait conseillé ce joli chemisier bleu lilas, une couleur qu’elle aime mais qu’elle ne porte jamais, elle n’avait jamais osé le mettre, ce chemisier, il est trop décolleté ; à chaque fois qu’Ethel le voit dans son placard, elle regrette d’être aussi timide, c’est bête, il est vraiment tellement joli, ce chemisier bleu lilas.

 

Ethel avait tout de suite plu à Sophie. Son regard timide, qui se balançait lentement en fixant ses pieds. Sa voix un peu étouffée, et douce, différente de celle des femmes qui arpentent les couloirs de la tour, et qui parlent fort dans leur téléphone, avec des voix d’hommes ; Ethel, elle, avait l’air d’une petite fille. Sophie l’avait accueilli, un lundi matin ou il avait un peu plu, les cheveux d’Ethel était mouillés, et elle avait du la former, ce qu’elle n’avait jamais fait cela auparavant et qu’elle redoutait bien sûr un peu. Monsieur Monnier lui avait dit vous allez voir, elle est très gentille, la nouvelle, vous vous entendrez bien, mais il faudra tout lui dire, et être derrière elle, elle n’a jamais fait cela, c’est une débutante, je compte sur vous Sophie. Mais Ethel comprenait tout rapidement, elle prenait des notes dans un petit cahier, d’une jolie écriture ronde et très régulière, et elle ne reposait jamais deux fois la même question, discrète et appliquée, bientôt elle su tout faire toute seule, elle avait le goût du travail bien fait, Sophie avait confiance, Monsieur Monnier les laissaient bien tranquilles dans leur petit bureau et René ne disait jamais rien, caché derrière ses hautes piles de dossiers. Elles se plurent. Et dès le premier jour, elles déjeunèrent ensemble, il y avait sans doute là dedans aussi un peu de courtoisie, ce sont des choses qui se font quand on accueille une nouvelle. Mais dès ce premier jour, le déjeuner devint un incontournable moment de complicité. Parfois, même, quand Ethel était en congé, elle venait le midi, à la cantine, pour partager son repas avec son amie. C’était de doux moments, hors du travail, hors du temps, de vrais instants complices, où elles n’avaient pas besoin de beaucoup dire pour se comprendre. Sophie n’avait jamais été mariée, mais elle avait un petit garçon, Maxence, un bel enfant, un peu turbulent, à qui elle cherchait un papa. Parfois, elle en prenait un à l’essai, mais les essais n’étaient jamais concluants : Sophie aimait trop son fils pour lui choisir n’importe quel papa. Ethel, elle, était toujours seule, et cela faisait beaucoup de peine à son amie, qui se sentait concernée.

 

Sophie connaissait Stéphane, qui était un gentil garçon. Il ne lui aurait pas convenu, mais elle le trouvait parfait pour son amie Ethel. Stéphane aussi était très seul, il était discret et doux. Il n’en fallait pas plus à Sophie pour s’imaginer bonne fée ; et elle savourait en rêve le beau mariage qui allait naître de sa bienveillante intervention. Pourtant, les obstacles étaient grands, et, pour réunir ces deux timides, les tractations s’annonçaient délicates, Ethel ne voudrait jamais en entendre parler, Stéphane reculerait immanquablement au dernier moment. Sophie transforma donc l’événement né de son imagination féconde en une vraie croisade personnelle, et entreprit de vaincre une à une les innombrables réticences.

(la suite, c'est ici)  

Par Ah, Frederic est fou
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Dimanche 11 décembre 2005

(l'épisode précédent, c'est ici)

La boîte aux lettres débordait tellement qu’elle risquait d’étouffer sous la charge des prospectus publicitaires colorés, Ethel oubliait souvent de la vider, et ce soir là, il était vraiment temps. On l’entendit presque pousser un soupir de soulagement. Dans le tas, il y avait bien quelques lettres, mais c’étaient de ces enveloppes sans timbre qui annoncent un triste contenu ; de temps en temps, Ethel sortait son carnet de chèques du premier tiroir de la commande en pin lazuré, et s’occupait de régler les factures, comme on distribuerait des étrennes, il fallait régler le monsieur de la lumière, celui du téléphone, les gens du chauffage, toutes ces personnes qui avaient l’obligeance de lui écrire pour lui dire combien ils désiraient en règlement de leurs nombreux services. Ethel savait évidemment que les choses étaient moins simplistes ni poétiques, mais elle s’accommodait toujours mal d’une froide simplicité, dans son monde où les près sont toujours verts, les factures n’existent pas, et il fallait faire quelques efforts pour faire cohabiter le vrai et le rêve, Ethel ne manquait jamais d’imagination, pour adapter les bizarreries des rêves-aux-yeux-ouverts à la jolie réalité de son univers.

 

La rencontre aurait lieu dans une semaine. Seulement. Ethel subissait l’entraînement intensif que lui imposait Sophie. Sa tenue était déjà prête, et ses cheveux avaient été confiés à un coiffeur qui faisait payer très cher une simple coupe. Mais Sophie s’inquiétait surtout qu’Ethel ne savait absolument pas exprimer le moindre sentiment personnel. « Il faut que tu apprennes à le dire, Ethel  - je n’y arriverai jamais – bien sûr que si, voyons. Ce ne sont que trois petits mots – dis-le toi – je t’aime ; à toi maintenant – je t’aime – tu vois… ce n’est pas si dur, allez, maintenant tu vas t’entraîner pour le dire à voix haute, pas en chuchotant – je t’aime – oui, encore ! – je t’aime – dis-le moi comme si tu le disais à lui – Je t’aime – tu aimes qui ? – Stéphane – dis-lui ! – Je t’aime Stéphane – encore, plus fort – JE T’AIME STEPHANE. »

 

Ethel était épuisée par tant d’efforts, Emilie, même si elle ne voulait que son bien, s’acharnait sur elle, elle prenait tout cela tellement à cœur, je ne sais même pas si cela en vaut la peine, après tout, les choses ne sont-elles pas bien comme elles sont ? Inquiètude, nouvelles angoisses, le sommeil qui ne vient pas. La vie organisée d’Ethel semblait se disloquer. Les près sont bien loin, la forêt est en papier peint. Ethel devait poursuivre son exercice, devant la glace. Je t’aime Stéphane. A voix haute, en pensée. Je t’aime, je t’aime. A quoi pouvait-il ressembler, ce Stéphane ? Sur la photo, il était plutôt pas mal, malgré ses cheveux trop coiffés, séparés par une raie bien nette. On ne ressemble pas à une photo. Rarement. Jamais. Parfois. Tiens, c’est toi, je ne te reconnais pas, ah oui, là dessus, c’est tout à fait toi, tu en fais une drôle de tête, pourquoi tu ne souris pas, ne regarde pas celle-ci, je suis affreuse… Cette photo, Ethel l’avait coincée sur un angle de son miroir, je t’aime Stéphane, la photo n’en avait rien à faire, les yeux regardaient fixement dans le vide, pas la moindre réaction ; devant une photo, c’est facile, surtout si les yeux ne vous regardent pas.

 

Ethel avait gardé le souvenir traumatisant du portrait d’une vieille aïeule, accroché au mur d’un salon, et dont elle avait si peur. Celle qui perçait l’âme. Où que l’on se place dans la pièce, on ne pouvait pas échapper au regard dur, inquisiteur de l’ancêtre, qui semblait deviner le moindre de vos secrets, et qui vous jugeait plus durement qu’aucun vivant ne l’aurait fait. Ethel devait déployer mille stratagèmes pour éviter d’avoir à pénétrer dans ce salon. Parfois, elle n’avait pas le choix. Alors, elle faisait tout pour ne pas croiser le regard méchant qui lui voulait du mal. Dans la prairie, il n’y a pas de tableau.

 

Je t’aime, je t’aime. Stéphane ne ressemblait en rien à la mauvaise tante du portrait, sa photo était gentille.

 

Ce matin, quelque chose de bizarre était arrivé. Monsieur Monnier était venu dans le bureau si calme, et avait demandé à parler à Ethel. On avait trouvé une erreur dans un de ses chiffres. René avait sorti sa tête hors de ces hautes piles de dossier, pour assister à l’échange, René ne parle pas, mais il écoute. Ethel n’avait jamais encore fait d’erreur. Elle ne comprenait pas. C’était impossible.

 

« Tu te rends compte, c’est demain – Oui, demain ». Deux jours qu’elle ne dormait plus. Tant de mystères, de questions, d’inconnu. Est-ce qu’une Ethel peut plaire à un Stéphane ? Comment va-t-il me trouver, je n’ai rien à dire, je n’ai rien pour plaire, je vais avoir l’air idiote. Ce coiffeur m’a coupé les cheveux beaucoup trop courts, cela ne va pas, on ne voit plus que mes oreilles. Mes oreilles. Je ne suis plus qu’une immense paire d’oreilles, qui aimerait une paire d’oreilles, c’est ridicule, je ne m’étais jamais rendu compte à quel point j’avais les oreilles décollées, si j’en parle à Emilie, elle va se moquer de moi. Jamais je ne pourrai y aller. Si je n’y vais pas, Sophie va m’en vouloir. Elle va me détester, elle ne me parlera plus jamais. « tu es sûre que çà va, Ethel – oui, tout bien bien ». Stéphane je t’aime, Stéphane je t’aime.

 

Où est la prairie ? Je la cherche depuis ce matin, impossible de voir autre chose que ces étranges hallucinations, le papier peint est en train de m’étouffer, il a dévoré la forêt, et maintenant, il va vouloir m’avaler. Les oiseaux ne peuvent plus venir jusqu’à moi, je suis dans une cage, il faut absolument que j’arrive à me réveiller. 

 

« Tu n’es pas encore prête ? – Non, je n’ai pas commencé » Où m’enfuir ? Il fait si chaud, je ne vais jamais pouvoir m’habiller. Je ne veux pas sortir, je veux rentrer chez moi, chez moi, chez moi. Pieds nus et herbe folle.

 

« Ethel, je te présente Stéphane. » Le bar était un de ces grands endroits exotiques à la mode, où l’on était accueilli par une immense cascade et des statues venues d’ailleurs. Il n’était pas très grand, Stéphane, avec un costume tout simple, et une chemise sans cravate, bleue. Il était moins bien coiffé que sur la photo, sans doute parce qu’il avait les cheveux un peu plus longs, mais mon Dieu ! Qu’il ressemblait à cette photo ! Ce même regard, qui vous regardait sans vous fixer, un regard tendre, délicat, qui faisait du bien. Immobile, comme si le temps s’était arrêté. Une seconde, deux, une minute, une éternité. La cascade, le bruit de l’eau, le vent dans les cheveux. Enfin, elle était rentrée chez elle. Je dois dire quelque chose, je dois dire quelque chose. Fermant les yeux, elle s’aperçu avec joie que ses pieds étaient délivrés du poids de ses chaussures, elle courrait libre dans l’immensité heureuse de son monde idéal. Sa bouche s’entrouvrit, et d’une voix assurée, elle prononça ces mots : « Stéphane, je t’aime ».

Par Ah, Frederic est fou
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